Championnat IDF Masters Piste – Saint Denis

Salut!

Pour faire mentir l’adage qui veut que le propriétaire d’un fixe (oui oui je sais…) trouve toujours une bonne excuse pour ne pas aller au vélodrome, j’ai décidé, après avoir lu exalté « In Pursuit of Glory » de Bradley Wiggins il y a quelques semaines, de me pointer aux Championnats Île de France Masters sur piste à Saint-Denis… Sachant que j’avais juste fait une initiation avec un pote peu après l’inauguration de celui de Saint-Quentin-en-Yvelines (il y a plus de deux ans donc). Ce qui donne une idée de la merde dans laquelle je suis allé me fourrer.
Pour me préparer j’ai, lors de mes très rares sorties routes à Longchamp, effectué des séries de kilomètres lancés ou arrêtés, idem sur deux kilomètres. J’ai varié les braquets, tourné les jambes plus ou moins vite, et j’ai fini par acquérir l’illusion que je pouvais être prêt.
Lundi, veille de la course, je démonte donc le 46 de mon fixe pour y installer un 53 qui traîne chez moi. Derrière, j’ai un 16 qui a été livré avec la roue et le vélo. Donc 53×16. Je vais tester une petite heure avec quelques départs arrêtés. Tout se passe bien, ça va le faire.
Je me pointes donc hier à Saint Denis à 17h, après m’être arrangé avec le boulot, et au moment de prendre mon dossard, il m’est annoncé que le programme est inversé, que donc les épreuves de scratch ouvriront la réunion et que celles de poursuite la clôturera. Sur le programme, la poursuite de master 1 est annoncé à 21h45. Angoisse. Je décline mentalement l’idée de m’aligner sur le scratch : je n’ai aucune expérience de la piste, de plus en peloton, et l’idée de provoquer des chutes m’effraie. Je me mets donc en tribune, avec de la lecture, et je regarde ce qui se passe. Je peux constater que ça roule vite et que les vélos en présence ressemblent vraiment aux vélos de piste qu’on voit à la télé et qu’ils n’ont pas l’air de faire 10.5kg. Pas comme le mien donc. Je réalise aussi que j’aurais peut-être dû débuter le scratch, genre 4 tours un peu derrière pour visualiser la piste et prendre mes repères avec ce braquet inconnu pour moi en pignon fixe, avant d’abandonner. Bref, j’ai tout faux.
L’heure avance et les regroupements d’épreuve entre catégories m’incitent à penser que je passerai vers 20h. Touriste jusqu’au bout, je n’ai pas de home-trainer et je pars donc m’échauffer sur une ZAC à Stains, mon sac de sport sur le dos. J’ai de bonnes sensations, ça tourne bien. Je reviens au vélodrome, enfile mon beau maillot Koyotes (désolé pour la mauvaise pub…), enlève mon frein de devant (un mec m’a regardé faire ça et il a eu la politesse de me demander comment j’ai pu avoir l’idée de venir avec un vélo objectivement pas fait pour ça) et je suis appelé sur la ligne opposée. Le grand moment arrive.
Sur la ligne des tribunes se trouve le champion IDF master 1 de l’an dernier, un mec qui donc sait gérer ce genre d’épreuve. Pression. Décompte. Puis départ. Je pars assez vite, les jambes au niveau des oreilles. Je prends trop large le premier virage, puis le second, confirmant par là mon manque total de repère, mais après je prends le coup. Au 750m, un léger coup d’oeil sur le côté et je vois sur la ligne opposé mon adversaire en retard sur moi. Douce euphorie mais aussi grosse inquiétude : ne suis-je pas parti trop vite ? Je panique un peu et à ce moment j’ai fait l’erreur à ne pas faire : en une fraction de seconde je décide de ralentir légèrement ma vitesse de jambes. Je continue à ce rythme, je respire bien, je pense avancer vite. Puis au 2km j’entends un sifflement de roues carbones qui fond sur moi et je me fais doubler. Je reste complètement scotché au bas de la piste, en trois coups de pédale il me met 20 mètres et je le vois accélérer encore. J’essaye de relancer, d’augmenter la cadence, je n’y arrive pas alors que je ne faiblis pourtant pas. Je suis pas mort, je n’ai pas de lactique partout, mais je n’arrive pas à tourner les jambes plus vite, je suis bloqué dans mon rythme. Les 3 kilomètres passent vite et je termine sans souffrir. J’aurais pu encore continuer sans problème sur quelques tours. Je descends de vélo énervé, mes jambes ne tremblent pas, elles ne sont pas lourdes. Je marche sans problème.
Les deux premiers en Master 1 sont en 4’04 et il m’est annoncé un temps de 4’29. 25 secondes dans la vue sur 3 kilomètres, plus d’un tour de piste donc, 40km/h seulement de moyenne, certes départ arrêté, mais j’étais plus rapide lors de mes séries à Longchamp. Déception. Il est clair que le manque d’habitude ou de repère sur la piste m’a désavantagé, ainsi que l’absence de roulage avec le braquet que j’avais mis, mais je pense surtout que si je n’avais pas légèrement ralenti la cadence au 750m, j’aurais pu tenter de résister, finir à l’agonie peut-être, mais j’aurais fait un meilleur temps. Là je me suis contenté d’être sur un rythme tranquille et avec la fatigue de l’effort je n’ai pas pu accélérer de nouveau quand il le fallait. Je n’ai pas d’illusion sur le fait que je me serais quand même pris une raclée, mais une petite raclée vaut mieux qu’une grosse.
Dans tous les cas, je retiens la bonne expérience, de faire quelque chose de nouveau, de rouler la tête dans le guidon entouré de béton (et pour la blague mon podium dans un championnat régional : je fais troisième et le fait de n’être que trois concurrents ne change rien!). Je ne pense pourtant pour l’instant pas en refaire (même si j’ai bien vu qu’il y avait de nouveau une poursuite le 11 juin sur 4km…).
A+